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Pellegrino Artusi
Sauce aux poivrons
Ingrédients
- de grosPoivrons verts
- Huile
- 1 gousseAil
- Beurre
- Jus de tomate
- Sel
Préparation
138. Sauce aux poivrons
Prenez de gros poivrons verts, ouvrez-les, débarrassez-les de leurs graines et coupez-les dans la longueur en quatre ou cinq lanières. Faites-les rapidement revenir dans une poêle avec un peu d’huile afin de pouvoir les peler. Une fois pelés, mettez sur le feu une gousse d’ail finement hachée avec de l’huile et du beurre ; quand elle aura rissolé, ajoutez les poivrons, salez-les, laissez-les s’imprégner un peu de la saveur de l’assaisonnement et ajoutez du jus de tomate.
Ne les faites pas trop cuire, car ils perdraient leur piquant, qui fait tout leur charme, et servez-les avec la viande bouillie.
ŒUFS
Après la viande, les œufs occupent le premier rang parmi les aliments nourrissants. L’illustre physiologiste Maurizio Schiff, lorsqu’il enseignait à Florence, démontrait que le blanc est plus nourrissant que le jaune, lequel est composé de matières grasses, et que les œufs crus ou très peu cuits sont moins faciles à digérer que les autres, parce que l’estomac doit accomplir deux opérations au lieu d’une : d’abord les coaguler, ensuite les travailler pour les rendre assimilables. Il vaut donc mieux s’en tenir au juste milieu : ni trop peu, ni trop cuits.
Le printemps est la saison où les œufs ont la saveur la plus agréable. On donne des œufs frais à boire aux femmes qui viennent d’accoucher, et le peuple estime que c’est aussi une nourriture convenable pour les jeunes mariés.
Il y avait autrefois le fils d’un aubergiste de ma connaissance, un grand et gros garçon un peu simplet qui, ayant ruiné sa santé dans le vice, consulta un médecin. Celui-ci lui prescrivit deux œufs frais à boire chaque matin. Par une circonstance à la fois favorable et malheureuse, l’auberge possédait un grand poulailler ; il s’y rendait donc pour boire les œufs à peine pondus. Mais, comme cela arrive, le temps aidant à la réflexion, après quelques jours de ce régime, le grand nigaud se mit à raisonner : « Si deux œufs font du bien, quatre en feront davantage », et le voilà qui en avale quatre. Puis : « Si quatre font du bien, six feront encore mieux », et le voilà qui en avale six chaque matin. Poursuivant ainsi sa progression, il arriva jusqu’à douze ou quatorze œufs par jour ; mais ils finirent par lui échauffer les entrailles, et une violente affection gastrique le retint au lit je ne sais combien de temps, à couver les œufs qu’il avait bus.