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Auguste Escoffier
Chaud-Froid de Faisan.
La recette
Son traitement est le même que celui du « Chaud-Froid de Volaille », en remplaçant simplement la sauce blonde par de la sauce
chaud-froid brune, au fumet du faisan.
Mais, par suite d'expériences et observations, j'ai complètement
renoncé au dressage des chaud-froids montés sur soole et adopté le
dressage dans plats carrés creux, qui résume le superflu de finesse
gastronomique, ce qu'on ne peut jamais obtenir par les chaud-froids
montés en pyramides. (Voir u Suprêmes de Volailles Jeannette ».)
(j'ai donné le nom de Jeannette en souvenir du navire la « jeannette », pris dans les glaces lors de son expédition au Pôle Nord en
1881 d'où un seul survivant revint de cette malheureure expédition.)
Le plat incrusté dans le bloc de glace, dans lequel sont dressés les
petits suprêmes de volaille, représente le navire pris dans les glaces du
Pôle Nord.
Ce mode de dressage permet de préparer de fines gelées tirées absolument des jarrets de veau, sans avoir recours à aucune autre gélatine,
point très important au point de vue gastronomique.
L'incrustation dans le bloc de glace, assure une gelée toujours
aux mêmes degrés de fraîcheur et de légèreté auxquels on doit apporter la plus grande attention, car c'est d'une gelée fraîche fondant
au toucher de la langue qu'on peut apprécier la délicatesse d'un vrai
chaud-froid. Rien n'est plus désagréable au palais qu'une gelée trop
ferme, sans fraîcheur ni saveur, ce qui est généralement le cas pour
les chaud-froids montés.
Je me rends bien compte qu'il n'est pas toujours facile de se procurer un bloc de glace ; dans le cas contraire, il faut tout au moins
tenir le plat constamment entouré de glace pilée.